1

Jonk, 34, Paris

Le premier voyage en solitaire de Jonk a changé sa vie. Il avait 19 ans et c’était à Barcelone. Deux virus lui ont été inoculés dans la capitale catalane : les voyages, il a depuis visité plus de 70 pays; et l’art  urbain, il pratiquait la photographie depuis quelques années et la découverte du street art et du graffiti lui a donné un sujet photographique qui l’occupe encore aujourd’hui.

Vivant à Paris, il a découvert l’exploration urbaine à la fin des années 2000 avec la toiturophilie, les métros et les catacombes non-officielles. Il a alors trouvé un deuxième sujet passionnant: documenter la face cachée de la ville. Grimper sur les toits pour la voir d’en haut, se promener la nuit dans le métro ou passer des journées entières dans les catacombes à explorer ses dizaines de kilomètres de galeries et salles creusées dans la roche, il trouvait dans cette activité une grande excitation, l’adrénaline qu’il cherche dans sa vie. Ces explorations urbaines, et ses recherches de photographies inédites de graffiti, l’ont amené dans des lieux abandonnés, où les graffeurs vont souvent peindre pour être seuls, tranquilles, et prendre leur temps pour faire de plus grandes et plus belles peintures. Après quelques temps à fréquenter ces artistes, il a lui-même commencé à peindre dans ces lieux et c’est pourquoi  il utilise aujourd’hui le surnom «Jonk ». A cette époque, il collait également ses photos de voyages dans la rue.

A visiter des lieux abandonnés à la recherche de graffitis, il a réalisé l’intensité des atmosphères et la beauté du spectacle du passage du temps : la rouille, les murs fissurés, la peinture qui s’écaille, les fenêtres cassées, la Nature qui reprend le dessus créent des scènes incroyables, d’une grande photogénie.  Pour lui, tout cela apparaissait comme une infinie poésie.

Voyager, peindre, coller, photographier, vagabonder sur les toits, dans le métro ou les catacombes,  un travail très prenant ne lui laissait plus le temps de tout faire. A l’heure des choix, il a lâché la bombe, le pot de colle, l’altitude et les souterrains pour rester avec la photo de friche, même s’il n’a jamais abandonné son blaze, symbole de sa période graffeur, très importante pour lui. Il a alors continué à voyager, quasiment exclusivement  à la recherche de lieux abandonnés à  photographier, avec du graffiti ou pas.

Aujourd’hui, il en a visité plus de mille dans une cinquantaine de pays sur quatre continents. 

Avec le temps, son intérêt s’est concentré sur ce qui lui est apparu le plus fort dans ce vaste sujet de l’abandon: les lieux repris par la Nature. Il est poétique, presque magique, de voir cette Nature reprendre ce qui a été sienne, réintégrer par des fenêtres cassées, des fissures, les espaces construits par l’Homme puis délaissés, jusqu’à  les engloutir totalement.

Ce thème s’est imposé à lui naturellement de par la conscience écologique qui l’anime depuis son plus jeune âge et la force du message qu’il porte : la question de la place de l’Homme sur Terre, et de sa relation avec la Nature.

En mars 2018, il sort le livre Naturalia sur le sujet et travaille actuellement sur le volume II.

En juin 2018, à 33 ans, il quitte une carrière dans la finance pour se consacrer exclusivement à ce projet. A travers cette série, et avec ses modestes moyens de photographe,  Jonk essaie de contribuer à relever le défi écologique qui se présente à l’Homme en tentant d’éveiller la conscience de tout un chacun.

Depuis, deux autres livres sont sortis et son travail a été publié sur de prestigieux supports papiers (Der Spiegel, Corriere della Sera, Le Monde, Télérama…) ou internet (National Geographic, New York Post, Smithsonian, ArchDaily, AD, BBC, Lonely Planet…). Il a été présenté lors de nombreuses expositions collectives à travers le monde (Paris, Lisbonne, Rome, Athènes, Budapest, Moscou, Séoul, Tokyo, Los Angeles, Palm Springs, New York…) et de nombreuses expositions personnelles à Paris, la principale ayant eu lieu au Salon d’Honneur de la Mairie du 20ème arrondissement de Paris.

De nombreuses expositions de Naturalia sont prévues pour 2020 et 2021.

« Car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus» Marcel Proust